Thérapie Cognitive Processuelle (TCP) : changer le regard sur soi

« Je suis incapable », « je ne compte pas », « je ne mérite pas d’être aimé ». Lorsque ces convictions deviennent des évidences, chaque difficulté semble apporter une nouvelle preuve contre soi. La thérapie cognitive processuelle (TCP), ou Trial-Based Cognitive Therapy (TBCT), aide à examiner ces accusations et à construire une vision de soi plus juste.

Développée par le psychiatre Irismar Reis de Oliveira, cette approche appartient aux thérapies cognitives et comportementales. Sa particularité est d’organiser le travail de façon structurée et d’utiliser la métaphore du procès pour remettre en question les croyances centrales négatives.

Le procureur intérieur
Le procureur intérieur
L’avocat de la défense
L’avocat de la défense
La personne accompagnée
La personne accompagnée

Une thérapie cognitive : comprendre ce qui entretient la souffrance

Une situation, la signification qu’on lui donne, l’émotion ressentie et la façon de réagir s’influencent mutuellement. Une remarque au travail peut, par exemple, activer « je vais échouer », provoquer de l’anxiété puis pousser à éviter une tâche. Cet évitement soulage sur le moment, mais empêche de découvrir que l’on pourrait y arriver.

La TCP explore trois niveaux : les pensées automatiques dans les situations concrètes, les règles et suppositions comme « si je ne suis pas parfait, on me rejettera », puis les croyances centrales sur soi. Nous formulons ensemble ces liens pour comprendre les mécanismes qui maintiennent la difficulté.

Le procès : donner aussi la parole à la défense

Le procureur représente la voix qui accuse et sélectionne les éléments à charge. L’avocat recherche les faits oubliés, le contexte et les interprétations alternatives. La personne peut changer de rôle, parfois de chaise, pour prendre du recul et examiner les arguments comme le ferait un jury.

Vous n’êtes pas jugé par le thérapeute. C’est une croyance qui est mise à l’épreuve. Le but n’est pas de nier vos erreurs ni de vous convaincre que tout va bien, mais de sortir d’une condamnation globale de votre personne.

Dans quelles situations peut-elle aider ?

La TCP peut être envisagée lorsque l’autocritique, la honte, le sentiment d’infériorité ou des règles rigides entretiennent une souffrance. Les recherches portent notamment sur l’anxiété sociale et les symptômes anxieux et dépressifs. Elle peut soutenir un travail sur l’évitement, le perfectionnisme ou le sentiment d’illégitimité, selon l’évaluation clinique.

Des applications existent dans d’autres situations, dont les difficultés de personnalité, le TOC ou le psychotraumatisme. Elles ne signifient pas que toutes ces indications disposent du même niveau de preuve. La formulation du problème et les soins recommandés pour le trouble concerné restent déterminants.

Que montrent les études ?

Des essais cliniques, notamment dans l’anxiété sociale, et des études sur la technique du procès rapportent des améliorations. Certaines études sont de taille limitée. Ces résultats sont encourageants, sans démontrer que la TCP serait supérieure à toutes les autres TCC ni garantir un résultat individuel. Les références scientifiques figurent en bas de page.

Échelle d’estime de soi de Rosenberg

Pour explorer la manière dont vous vous considérez, voici l’échelle de Rosenberg. C’est un repère reconnu d’estime de soi globale, pertinent lorsque le travail porte sur la dévalorisation. Il n’existe pas d’autoquestionnaire universel qui désigne « la bonne thérapie » ni de mesure unique de toute la TCP.

Type d’outil : Échelle d’estime de soi globale.

Dix affirmations évaluent l’estime de soi globale. Cette présentation utilise une cotation de 1 à 4, avec inversion automatique des cinq items négatifs ; total de 10 à 40.

Forces : Rapide, simple à répéter et utile pour discuter de la perception de sa propre valeur.

Limites : Ne détaille pas les domaines de vie et ne mesure pas à elle seule les compétences ou l’assurance en situation. Un score bas n’est pas un diagnostic. Les seuils d’une cotation de 0 à 30 ne s’appliquent pas directement à celle de 10 à 40.

Remplir le questionnaire

Pour chaque affirmation, indiquez votre degré d’accord en pensant à la façon dont vous vous considérez en général. Répondez spontanément ; le calcul inverse automatiquement les items négatifs.

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Source et informations sur l’outil

En parler en consultation

Nous pouvons examiner ensemble vos difficultés et la place d’un travail cognitif dans votre suivi. Consultation au cabinet à Singapour ou en visioconférence, en français et en anglais. Séance de 45 à 60 minutes : 250 SGD.

Contacter Franck Dibouës

Bibliographie en français

Couverture de Pratiquer la thérapie cognitive processuelle

Pratiquer la thérapie cognitive processuelle

Anne-Françoise Chaperon et contributeurs, dont Irismar Reis de Oliveira. Dunod, 2024.

Un ouvrage pour les cliniciens qui présente le modèle, ses outils et des études de cas. Ce manuel accompagne une formation et une pratique encadrée.

Voir le livre sur Amazon · Présentation de l’éditeur

Vidéo en français

Le regard d’une psychiatre sur la TCP

Nathalie Le Garzic, psychiatre. Témoignage professionnel publié sur le site d’Anne-Françoise Chaperon. Il illustre une expérience de pratique et ne constitue pas une étude d’efficacité. Voir sur YouTube.

Sources et repères