Estime de soi

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Qu’est-ce que l’estime de soi ?

 

Les trois piliers sur lesquels se fonde l’estime de soi sont :

 

A – L’amour de soi, qui est lié à la théorie de l’attachement

Comment ça, c’est passé de 0 à 3 ans ? À ce niveau, les failles de l’estime de soi s’observent à travers la prééminence de trois types de pensées et de sentiments (voir les schémas de Young) :

1 – Manque affectif. Ces personnes ont la certitude que les autres ne leur donneront pas leur soutien, leur attention, leur affection, leur présence, leur compréhension, leur écoute ou encore leur protection…

2 – Peur de l’abandon. Ces personnes ont le sentiment que ceux qui sont importants ne continueront pas à donner leur appui ou leur protection, qu’ils l’abandonneront pour quelqu’un de mieux qu’elle.

3 – Méfiance/abus. La personne s’attend à ce que les autres :

– la fassent souffrir

– la maltraite

– l’humilie

– lui mente

– triche avec elle

– profitent d’elle

 

Ce type de trouble est lié aux trois types d’attachements décrits par Mary Ainsworth :

– L’attachement insécure ambivalent/anxieux
– L’attachement insécure évitant
L’attachement sécure

 

B – La vision ou la connaissance de soi

Est-ce que je me connais réellement ? Ai-je beaucoup de croyances fausses me concernant, par exemple sur mes capacités réelles ?

Le syndrome de l’imposteur est un exemple de fausse croyance concernant la connaissance de soi. Beaucoup de personnes talentueuses à l’estime de soi incertaines ou instables ont un syndrome de l’imposteur.

 

C – Confiance en soi = capacité à l’action

Je prends le risque de sortir de ma zone de confort. Pour cela, je serai bienveillant avec moi même si j’échoue. Si je réussis, je prendrai conscience du succès, je ne le banaliserai pas. Les personnes à l’estime de soi basse ou instable exagèrent leurs échecs et minimisent leurs succès, ce qui a tendance à les inhiber afin de repasser à l’action. Si je réussis “c’était facile”, si j’échoue “je suis un nul”…

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Anatomie de l’estime de soi

L’estime de soi est dynamique (elle évolue avec le temps) et un bon niveau d’estime de soi est une estime de soi moyenne et non pas haute.

En effet, l’on ne peut pas tout aimer chez soi et mieux vaut connaître ses atouts et ses faiblesses, en s’observant avec bienveillance et en s’acceptant tels que l’on est.

Un bon niveau d’estime de soi est donc une estime de soi moyenne et stable, qui ne s’enflamme pas avec les succès et qui ne s’effondre pas avec les échecs. Les deux extrêmes d’une estime de soi de mauvaise qualité se situent sur un même continuum :

– l’estime de soi haute et instable

– l’estime de soi basse

 

Que faire afin d’améliorer l’estime de soi ?

1 Faites de la thérapie afin de mieux vous connaître 

Un des piliers de l’estime de soi est la connaissance et l’acceptation de soi. Comment se connaître réellement sans travail personnel et sans thérapie ? Sans travail personnel, aucune connaissance de soi n’est possible. Certains aspects de nos histoires sont trop douloureux et trop refoulés afin de les découvrir seul, sans thérapeute. Il sera nécessaire de les retraverser pendant la thérapie afin de se réconcilier avec ces parties difficiles de nous même. C’est là le cœur d’une psychothérapie réussie. Ce travail thérapeutique est nécessaire tant que ces parties s’expriment négativement en orientant trop fortement les pensées, les émotions et les comportements. Cela s’observe par exemple par des scénarios répétitifs qui conduisent à la mésestime de soi, au manque de confiance, à une communication peu affirmée, bref, à l’insatisfaction chronique.

 

2 Prenez de la distance avec vos pensées négatives

Faite de la TCC et de la “mindfulness based therapy” pour prendre conscience de vos pensées dévalorisantes qui entretiennent une mauvaise estime de soi. Faite encore de la TCC pour apprendre à critiquer vos pensées négatives (non pas pour les bloquer, ça n’est pas possible), pour les mettre à distance avec des pensées plus objectives et plus réalistes. Ces pensées sont tirées de vos expériences de vie. Apprenez à rechercher quelles expériences réussies peuvent être mises en relation avec vos pensées négatives afin de les contrarier ou de les pondérer. On sait qu’une personne à l’estime de soi basse ou instable aura tendance à maximiser ses échecs et ses lacunes et à minimiser ses réussites et ses succès. Ces mêmes personnes ont tendance à externaliser le succès (c’était facile) et à internaliser les échecs (je suis nul). Toutes ses pensées peuvent faire l’objet d’un travail régulier de psychothérapie.

 

3 Écoutez vos besoins et ce que vous ressentez dans telle ou telle situation

Les ressentis sont comme une boussole intérieure, être à leur écoute permet de faire des choix qui nous sont justes. On ne se sacrifie pas et on ne porte pas le désir des autres. Les autres sont responsables de ce qu’ils ressentent et de leur désir, nous n’en sommes pas responsables.  L’idée est d’être en accord avec soi-même, de ne pas se sacrifier pour être aimé. Beaucoup de personnes ne savent pas dire non par exemple, de peur de ne pas être aimées ou d’être rejetées. Ça ne veut pas dire qu’il faut faire un choix entre soi et les autres, mais un juste équilibre doit être présent dans les relations.

 

4 Acceptez-vous tel que vous êtes

Soyez un bon ami avec vous même, apprenez à vous accepter tel que vous êtes dans la réalité et ne vous comparez pas aux autres. Est-ce que vous comparez votre meilleur ami avec les autres ? Est-ce que vous le jugez sans arrêt ? Est-ce que vous lui ressassez ses erreurs ou ses manques ? Sans doute que non, sinon vous n’auriez pas de meilleur ami ou alors quelqu’un de bien maso ! Alors pourquoi le faites-vous avec vous-même ? Il y a une seule situation dans laquelle vous pouvez vous comparer, c’est avec celui ou celle que vous étiez hier dans la mesure où vous avez déjà progressé !

 

5 Acceptez l’échec et analysez ses causes objectives

Ne dramatisez pas l’échec, mais répétez-vous qu’il est un enseignement et que c’est ainsi qu’on progresse. On ne s’identifie pas à ses comportements pas plus qu’à ses échecs ou ses erreurs (ni à ses succès d’ailleurs…). Acceptez-vous tel que vous êtes avec vos qualités et vos défauts. Cultivez la bienveillance envers vous-même en acceptant que les échecs soient sur votre route et qu’ainsi vous progresserez. Méfiez-vous des “il faut” ou des “je dois” qui peuvent vous enfermer dans une spirale de pensées et de sentiments négatifs à vouloir vous faire être qui vous ne serez jamais.

 

6 Agissez

Travaillez la confiance en soi en agissant, car c’est dans l’action que vous apprendrez à vous connaître, que vous prendrez conscience que vous êtes capable de faire les choses. La confiance en soi retentit sur l’estime de soi et l’améliore lorsqu’on agit en accord avec soi même. Si l’on agit et que l’on échoue, on recommence jusqu’à être certain d’avoir fait de son mieux. C’est ainsi que les gens qui ont confiance en eux progressent, en acceptant leurs erreurs avec bienveillance et en persévérant s’ils le jugent nécessaire.

 

7 Affirmez vous

L’affirmation de soi est ici thérapeutique afin de vérifier que l’on est compétent pour communiquer et véhiculer certains messages. Un bon niveau d’affirmation de soi retentit positivement sur la confiance en soi et au final, sur l’estime de soi.

 

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Bibliographie :

 

Un document professionnel de nos généreux collègues de TCC Montréal :

La thérapie des schémas de Young

 

Les deux livres qu’il faut avoir lu sur le sujet :

 

Catégorie
Thérapie