Affirmation de soi, quésaco ?

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Affirmation de soi, quésaco ?

Affirmation de soi, quésaco ?

L’affirmation de soi est une habileté sociale qui peut être améliorée avec des exercices de psychothérapie spécifiques et de la pratique. Généralement, les personnes peu ou mal affirmées évitent de s’affirmer, ces évitements maintiennent donc leur manque d’habileté sociale. 

– L’affirmation de soi est synergique, dynamique et jamais acquise. Il est fréquent que l’on s’affirme plus facilement dans un secteur de son existence que dans un autre.

– Le niveau d’affirmation de soi dépend donc de l’environnement et du type d’interlocuteur rencontré. Le lien est très important entre l’affirmation de soi et les émotions, l’attachement, la crainte de perdre l’autre… Une personne peut être peu ou mal affirmée avec des inconnus et plus affirmée dans son couple par exemple. À ce niveau-là, toutes les combinatoires sont possibles entre les différents cercles relationnels : intimes, amis, collègues/relations, inconnus…

– Une personne affirmée a intégré que dans la balance relationnelle, ses droits et ses besoins sont aussi importants que les droits et les besoins de l’autre.

Les trois façons de communiquer :

1 – La personne a une communication passive, c’est-à-dire qu’elle fait passer ses droits, ses besoins et ses envies après ceux des autres. Elle adopte le style paillasson, les autres lui marchent dessus et ne la respectent pas. Avantage, la personne peut éventuellement être perçue comme aimable, “bien gentille”, pas compliquée quoique pas affirmée. Certaines personnes optent pour cette stratégie afin d’être acceptées plus facilement par les autres (croient-elles). Cela peut être la manière de faire de certains qui pensent que sans cela les autres ne les accepteront pas. Inconvénient, si ce type d’interaction se répète, la personne pourra ressentir beaucoup de stress, car elle subit la relation et le désir des autres. Autre écueil, ce type de communication renforce ou donne à la personne une mauvaise estime d’elle même. Ce genre de communication passive renforce également un manque ou une absence de confiance en soi sur le plan de la communication. Ce type de communication passive maintient chez la personne la fausse croyance qu’elle ne peut pas s’affirmer (manque de confiance).

2 – La personne a une communication agressive, c’est-à-dire qu’elle pense que ses droits sont plus importants que ceux des autres. Elle adopte le style hérisson, celui qui s’approche trop près se pique. Avantage, elle ne subit pas les décisions des autres. Souvent, on fiche la paix à ces personnes qui défendent leurs droits avec mordant… Ce n’est souvent pas ceux qui sont rappelés en priorité pour venir faire des heures supplémentaires. Inconvénient, on pense moins souvent à elles pour les promotions ou les plans sympas au travail. Sur le plan intime, ces personnes ont également tendance à abimer les liens qui les unissent aux autres avec leur colère. La conséquence est souvent un retentissement négatif sur l’estime de soi “je n’aurais pas dû lui dire ça”, “je me suis emporté, j’espère qu’elle ne m’en veut pas”… La communication agressive maintient l’absence de savoir faire et éventuellement le manque de confiance en soi afin de s’affirmer.

3 – La personne est affirmée, elle sait qu’elle est responsable de ses besoins, elle n’en fait pas porter la responsabilité aux autres. L’on entend souvent qu’une personne affirmée obtient plus facilement ce qu’elle veut des autres… Être affirmé ne sert pas à cela, mais juste à s’affirmer. Ainsi, l’affirmation de soi donnera confiance dans les relations avec les autres et permettra d’être satisfait de soi même dans ses échanges avec les autres. L’affirmation de soi est donc un des aspects de la thérapie de l’estime de soi, car elle nous donne une bonne image de nous même contrairement à l’agressivité et à la passivité.

L’affirmation de soi c’est savoir faire un certain nombre de choses sur le plan de la communication :

– Faire une remarque positive : bonne porte d’entrée pour l’estime de soi

– Recevoir une remarque positive

– Faire une remarque négative ou exprimer une émotion hostile

– Recevoir une remarque négative ou exprimer une émotion hostile

– Savoir faire une demande

– Savoir faire un refus ou dire non

– Envoyer un “ice breaker”

– Savoir faire le small talk, la conversation.

– Arrêter une conversation

Voici quelques exemples d’affirmation de soi :

 

Faire une remarque positive :

Exemple  – “Vous avez une jolie robe.”

– “J’aime beaucoup travailler avec vous.”

Recevoir une remarque positive :

Exemple – “Vous avez une jolie robe

– Merci !”

Les personnes peu ou mal affirmées ne savent pas prendre les compliments. Ils les banalisent, ils minimisent le compliment, ce qui n’envoie pas un signal agréable à celui qui vient de faire le compliment.

Faire une remarque négative, exprimer une émotion hostile à travers une critique ou une demande :

Exemple – Critique : “Je n’aime pas lorsque vous me contredisez devant des clients comme vous venez de le faire, j’aimerais que vous ne recommenciez pas.”

Exemple – Demande : “Sophie, c’est la troisième fois que vous arrivez en retard cette semaine, je vous demande d’être à l’heure à partir de demain matin. Est ce que je peux compter sur vous pour ça ?”

Attention

Une critique = état des lieux + émotion ressentie ou conséquence + demande de changement.

Dans la demande (j’aimerais que tu arrives à l’heure le matin), il n’y a pas de reflet émotionnel. On va droit au but, c’est plus froid que la critique.

Typiquement, dans ce genre de situations, les personnes peu affirmées se réfugient dans l’agressivité ou la passivité.

Souvent, les personnes qui apprennent à s’affirmer pensent à tort qu’il faudrait tout le temps s’affirmer, ce qui est faux (est-ce que cela vaut le coup que je m’affirme dans cette situation ?) ou bien qu’il est toujours de bon ton de communiquer son ressenti ou ses émotions, ce qui est également faux. Avec certaines personnes notamment celles qui sont toxiques et manipulatrices, celles qui cherchent à provoquer des émotions négatives chez les autres, on économise ses mots (ce que l’on dit) et son énergie (ne pas s’expliquer en long et en large). On peut alors faire de “l’apathie” (contrairement à l’empathie) c’est à dire que l’on s’exprime de façon laconique, neutre, très formelle, sans rien ajouter de personnel ou de subjectif dans la communication. Cela peut assécher la personne toxique, en ne lui donnant pas de “carburant”. N’oubliez-pas qu’il est très imprudent de se dévoiler face à une personne mal intentionnée.

Savoir faire un refus ou dire non :

Exemple – “Je te remercie de ton invitation, j’aimerais beaucoup me joindre à vous, mais j’ai déjà prévu quelque chose ce soir.”

Là encore, beaucoup de personnes mal ou peu affirmées pensent qu’il faut toujours dire oui afin d’être aimé ou accepté, ce qui est faux.

Envoyer un “ice breaker” ou faire le small talk :

En parlant par exemple de l’environnement présent, de ce qui est là ici et maintenant… Ici, le sujet de discussion n’a aucune importance, il s’agit de rebondir sur des sujets légers. Cela permet de tâter le terrain afin de voir si l’autre veut parler. Il s’agit d’engager la conversation sur tout et sur rien et surtout ne pas se poser de questions… Utiliser l’environnement immédiat comme sujet de discussion est une possibilité (la météo, le spectacle, le vin, le menu, le buffet, bref ce que vous avez autour de vous…).

Arrêter une conversation :

Exemple d’une personne qui dérange son psy au téléphone lors d’une consultation :

Psy – “Mme x, je ne peux pas vous parler maintenant. Je vous propose de me rappeler tel jour, telle heure.”

Patient – bla bla bla bla bla…

Psy – “Je vous propose de me rappeler tel jour, telle heure Mme x, je suis désolé, mais je vais devoir raccrocher.”

Patient – bla bla bla bla bla…

Psy – “Mme x, je vous dis au revoir, je vais raccrocher.”

Patient – bla bla bla bla bla…

Psy – “Mme x, je vous dis au revoir, je raccroche.”

Patient – bla bla bla bla bla…

Psy – “Au revoir madame”. Puis raccroche.

 

Un déficit d’affirmation de soi peut contribuer à un excès de stress et à l’apparition de troubles mentaux. Apprendre à s’affirmer est une compétence sociale qui peut s’apprendre et s’améliorer dans le cadre de la thérapie de l’affirmation de soi. Une personne peu ou mal affirmée pourra progresser en acceptant très progressivement de sortir de sa zone de confort en travaillant en séance ce qu’elle voudrait dire puis en expérimentant progressivement ses nouvelles compétences dans la vraie vie.

 

Une présentation de Pedro Sanchau, qui malgré ses grossièretés est un très bon pédagogue.

 

Une autre vidéo qui évoque des généralités sur l’affirmation de soi.

 

Bibliographie :

 

L’ouvrage de référence à lire si vous souhaitez mieux vous affirmer. Ici en édition “de luxe”.

 

Le même livre en édition de poche, donc un peu moins grand et moins cher. À noter que l’édition électronique en Kindle est tout à fait utilisable.

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